David (1623-
Avec son David, Le Bernin, âgé d'à peine vingt-
“Dès que le Philistin [Goliath] s’avança et marcha au-
Premier livre de Samuel, Bible de Jérusalem
Le Bernin ose ici une impresionnante exégèse du texte sacré (peut-
Bien sûr, les accessoires sont là : la cuirasse trop grande, que le roi Saül avait prêtée à David avant l’affrontement, est posée à terre, de même que la harpe dont il jouera après la victoire (présence discrète du commanditaire : l’instrument se termine par une tête d’aigle évoquant le blason des Borghèse).
Mais surtout, l’artiste met l’accent sur la tension qui habite David, pour faire basculer tout le corps du héros du même côté, en un déséquilibre suspendu précédant l’acte fatal.
D’un côté, Bernin nous offre à voir le dos musculeux de David, de l’autre, une harmonie de membres sous tension, jambe, bras, cou, d’où saillent les muscles.
A cet instant, le visage du héros, surmonté d’une chevelure épaisse, drue, travaillée en paquets dont la symbolique biblique ne peut être ignorée, est tout entier concentré sur son objectif.
Des arcades sourcilières proéminentes, froncées, durcissent le regard acéré de David, qui se mord les lèvres dans l’effort. Car si le jeune berger, muni uniquement de sa faible fronde, parvient à abattre le géant Goliath, c’est que son bras est armé par Dieu... C’est que Dieu existe : “Toute la terre saura qu’il y a un Dieu en Israël, et toute cette assemblée saura que ce n’est pas par l’épée ni par la lance que Yahvé donne la victoire, car Yahvé est maître du combat et il vous livre entre nos mains”.
Premier livre de Samuel, Bible de Jérusalem.






DAVID