LA VERITE DEVOILEE
Le cardinal Gian Battista Pamphili devenu pape en 1644 sous le nom d´Innocent X n´avait sans doute pas la sensibilté artiste et une connaissance aussi approndie de l´art grec et romain du pape précédent Urbain VIII Barberini et ami personnel de Gian Lorenzo Bernini.
Mais il avait une haute estime de son rôle de chef de toute la chrétienté. Son souci
n´était rien moins que le triomphe de la Contre-
Il lui commanda pourtant, après seulement trois ans de disgrâce, d´ériger au centre
de la piazza Navona l´une de ses oeuvres maîtresses, La Fontaine des quatre Fleuves,
reconnaissant ainsi la supériorité éclatante de son génie de sculpteur.
Il est admis
que cette disgrâce a profondément blessé Le Bernin dans son orgueil. Son élan, sans
être émasculé, aurait été émoussé. L´oeuvre monumentale qu´est La Vérité qu´il a
entreprise pour lui seul de 1646 à 1652, en dehors de toute commande, semble pourtant
attester du contraire, même si elle reste inachevée.
Elle transcrit dans le marbre que le temps finit toujours par dévoiler la vérité. Sans doute. Il faut pourtant espérer que non. Le secret des plus grandes oeuvres excède largement ce que les plus grands admirateurs ou non ont toujours cru devoir nous dire sur elles. C´est parce qu´elles émanent du plus intime de l´être qu´elles sont grandes et restent au cours des siècles une énigme. Elles affirment en fait ceci : que le créateur n´a rien d´autre à dire que sa représentation du monde et ce qu´il croit comprendre de la vie.

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